
On January 29, 2026, Impact France and Wavestone published the national study "Economically valuing corporate engagement."
Objective: to translate the economic impact of companies' social and environmental actions into costs avoided for society.
Parmi les sept études de cas analysées, celle de BEL porte sur un enjeu de transition énergétique industrielle : la mise en place d’une chaufferie biomasse sur le site d’Évron, en Mayenne, afin de substituer une partie importante de la chaleur auparavant produite à partir de gaz naturel.
Entreprise familiale de plus de 150 ans, Bel est un acteur majeur de l’alimentation et l’un des leaders mondiaux du secteur des fromages de marque. Le groupe s’est donné pour mission de donner accès à une alimentation plus saine et plus responsable pour tous, en s’appuyant notamment sur un outil industriel en constante adaptation.
Dans le cadre de sa stratégie climat, Bel s'est engagé à réduire de 55% ses émissions nettes de gaz à effet de serre (GES) sur les scopes 1 et 2 d'ici 2030 (par rapport à 2017). Pour atteindre cet objectif, le groupe agit à la fois sur la réduction de sa consommation énergétique et sur le recours accru aux énergies renouvelables. En 2024, Bel disposait de quatre chaudières biomasse, dont trois en France et une au Maroc, représentant 25 % de sa consommation d’énergie pour la production de chaleur. Cette stratégie répond à un enjeu industriel plus large. Les sites de production, en particulier dans l’agroalimentaire, restent fortement dépendants du gaz naturel pour leurs besoins thermiques. La décarbonation de la chaleur industrielle constitue donc un levier majeur pour réduire les émissions directes des entreprises, limiter leur exposition aux énergies fossiles et renforcer leur résilience face aux tensions énergétiques.
C’est dans cette logique que Bel a installé en 2022 une chaufferie biomasse de 6,6 MW sur son usine d’Évron, en Mayenne. L’installation vise à couvrir 70 à 80 % des besoins thermiques du site, en substitution de chaudières auparavant alimentées au gaz naturel. Le projet a représenté un investissement de 6,4 millions d’euros, dont 40 % subventionnés par l’ADEME. Au-delà de son impact climatique, ce choix industriel s’inscrit dans une logique territoriale, avec un approvisionnement en bois-énergie assuré dans un rayon maximal de 100 km, auprès de six fournisseurs régionaux. Cette approche stratégique génère un double avantage : non seulement elle apporte un bénéfice environnemental, mais elle stimule également l'économie de proximité en fédérant une diversité d'acteurs (exploitants forestiers, agriculteurs, transporteurs, mainteneurs de chaudières).
Pour évaluer les effets de l’action de Bel sur ce site, l'étude compare :
Cette approche permet d’estimer les émissions évitées grâce à la substitution du gaz naturel par la biomasse. L'étude monétarise le Coût Social du Carbone, en convertissant les émissions de CO2 évitées grâce à cette substitution en une valeur économique pour la société. Ce prix est estimé selon les dommages futurs que ces émissions auraient causés à la société, tels que les impacts sur la santé, catastrophes climatiques, baisse des rendements agricoles ou dommages aux infrastructures.

À l’échelle du site d’Évron, l’étude estime que la chaufferie biomasse permet d’éviter environ 1,7 million d’euros de coûts pour la société en 2024.
Ce résultat repose sur la substitution de 44 GWh de chaleur auparavant produits à partir de gaz naturel, correspondant à 8,9 ktCO₂e évitées. Ces émissions évitées sont valorisées à partir du coût social du carbone retenu dans l’étude.
Autrement dit, l’investissement industriel de Bel ne se limite pas à une réduction de son empreinte carbone interne. Il permet également d’éviter une partie des coûts climatiques qui auraient été supportés collectivement à long terme.
Un ancrage territorial par la filière biomasse
Au-delà de l’impact climatique, la chaufferie d’Évron repose sur un approvisionnement local en biomasse. Le site s’appuie sur six fournisseurs régionaux situés dans un rayon maximal de 100 km, ce qui contribue à structurer une filière de proximité et à sécuriser l’approvisionnement énergétique de l’usine.
L’étude distingue deux niveaux d’analyse.
L’étude modélise également un scénario de mobilisation collective. Celui-ci repose sur l’hypothèse d’un déploiement plus large de chaufferies biomasse dans l’industrie agroalimentaire française, permettant d’augmenter la part de chaleur renouvelable de 29,6 % à 38 %.
Dans ce scénario, les coûts climatiques évités pour la société atteindraient environ 51 millions d’euros par an.
Ce changement d’échelle met en évidence un enseignement central : lorsqu’elle est répliquée à l’échelle d’une filière, une action industrielle de décarbonation peut produire des effets significatifs pour la société, au-delà du seul périmètre de l’entreprise qui l’engage.
Le cas de Bel illustre le rôle que peut jouer la transition énergétique industrielle comme levier de résilience économique pour l’entreprise et à l’échelle locale. En substituant une énergie fossile importée par une ressource biomasse de proximité, l'entreprise réduit son exposition au gaz naturel, diminue ses émissions directes et soutient une filière locale d’approvisionnement.
La monétarisation permet ici de sortir de rendre visible une partie de la valeur collective générée par cet investissement.
L’intégration des enjeux environnementaux dans notre stratégie crée une valeur durable qui dépasse les seuls bénéfices environnementaux. Cet engagement démontre que les investissements de l’entreprise en faveur de la transition constituent également un levier de développement et de création de valeur pour les territoires. Anne Sophie Carrier, Directrice Générale de Bel France
*The figures provided are rough estimates based on transparent and conservative assumptions, which are detailed in the full report.