
Le marché carbone européen, c'est simple : plus une entreprise pollue, plus elle paie. C'est le socle d'une concurrence loyale entre les entreprises européennes, et une pièce clé de la compétitivité industrielle : sans lui, impossible d'avancer sur la décarbonation.
Et ça marche. Les émissions couvertes par ce dispositif sont aujourd'hui environ 50 % en dessous de leur niveau de 2005, ce qui met l'Europe sur la bonne voie pour atteindre son objectif de réduction de 62 % d'ici 2030. Autre atout, dans un contexte de contraction budgétaire : ce système ne coûte rien à l'État : il rapporte même des recettes.
Pourtant, la Commission européenne a proposé en juillet 2026 une réforme qui ralentit cette trajectoire. Un très mauvais signal, au pire moment : alors que les prix de l'énergie s'envolent, sortir des énergies fossiles n'a jamais été un enjeu de souveraineté aussi urgent pour la France.
Ce n'est pas tout : ce mécanisme est déjà bien installé, un second volet (l'ETS2) est en discussion, et une taxe carbone aux frontières y est directement liée. Rouvrir le débat maintenant, c'est ajouter de l'instabilité à l'instabilité, et rendre impossible pour les entreprises d'investir sereinement dans la transition.
La France peut faire pencher la balance. Le Conseil européen est aujourd'hui divisé, sans majorité claire. Le pays, qui a tout à gagner d'un marché carbone ambitieux, doit porter sa voix haut et fort.
C'est le sens de l'appel porté par la lettre adressée au ministre : la France doit peser de tout son poids, au Conseil comme au Parlement, en faveur de six priorités :
Pour les signataires, cette demande n'est pas qu'un plaidoyer climatique : c'est aussi un intérêt économique direct pour la France. Les entreprises françaises pionnières de la décarbonation seraient les premières bénéficiaires d'une stabilité dans le cap politique fixé, et la France renforcerait sa position industrielle et diplomatique au moment où se joue l'avenir de la politique climatique européenne.
Parmi les signataires figurent notamment Alix Lajoie (Photosol), Thomas Labergère (ING France), Bruno Bensasson (Akuo), Cristian Montoya (Ekwateur), Fanny Picard (Alter Equity) et Pierre-Yves Meerschman (daphni), aux côtés d'une vingtaine d'autres entrepreneurs et investisseurs membres du Cercle Énergie d'Impact France.
Les signataires se sont dits prêts à échanger avec les équipes du ministre sur ces demandes avant les discussions au Conseil européen, et à transmettre les positions détaillées des entreprises qu'ils représentent.
Le Cercle Énergie d'Impact France continuera de suivre ces négociations dans les prochaines semaines, à mesure que les discussions avanceront à Bruxelles.

Et si la commande publique devenait enfin un véritable levier pour les entreprises européennes qui investissent dans la qualité, l’innovation et l’impact ? Avec son projet de règlement sur les marchés publics présenté le 9 septembre 2026, la Commission européenne propose de changer la donne en renforçant la prise en compte du « Made in Europe » et des critères sociaux et environnementaux dans les règles d’attribution de la commande publique. Mobilisé de longue date auprès de ses dirigeants sur ce dossier, Impact France analyse les enjeux de cette réforme et formule ses propositions pour faire de la commande publique un véritable outil de transformation de l’économie européenne.

La Commission européenne a publié mi-septembre une étude inédite consacrée aux “Impact-driven businesses” pour évaluer la contribution de ces modèles aux priorités européennes, identifier les freins à leur développement et ouvrir la voie à de nouvelles politiques publiques spécifiques. Dans cet article, nous partageons notre analyse des enseignements de ce nouveau rapport européen et décryptons les choix opérés et les perspectives qu’il dessine pour le développement des modèles à impact.